De l’enfance de Tererai Trent, rien ne semblait prédire un destin différent de celui de sa lignée familiale. Pourtant, le pouvoir des rencontres et en particulier d’un mot « Tinogona » lui a permis de rebattre les cartes de son avenir et de dévier de la trajectoire toute tracée. Je vous laisse découvrir le parcours d’une femme animée par une vision et le sens du mot qui a guidé ses pas.
Tererai Trent est née en 1965 dans un village du Zimbabwe. Petite, elle exprima le souhait d’aller à l’école à son père, mais celui-ci refusa car selon lui l’éducation était uniquement réservée aux hommes. A 11 ans, l’enseignante du village rend visite à sa famille. Elle s’étonne du fait que le frère de la famille ait de bonnes notes, sans qu’il ne puisse pas répondre à ses questions en classe. On découvre alors que Tererai fait les devoirs de maison de son frère.
Après cette découverte, elle demande à son père de l’envoyer à l’école, celui-ci refuse à nouveau.
Il décide de la donner en mariage à l’âge de A 11 ans et demi. Tererai se rappelle dans son ouvrage « The awakened woman » (la femme éveillée), qu’elle vient d’une longue lignée de femmes qui ont été forcé de vivre une vie qu’elles n’avaient pas choisie. Comme son arrière-grand-mère, elle est née dans une ère de pauvreté, de mariage forcé, d’illettrisme et dans un système colonial.
A l’âge de 22 ans, Tererai a 4 enfants quand le Zimbabwe devient un état indépendant. Le village reçoit la visite d’une ONG. Dans un cercle de femmes, l’une d’entre elles demande à Tererai comme aux autres. « Quels sont tes rêves ? ». Tererai réalise alors qu’elle n’y a jamais pensé. L’attention et l’insistance de la dame vont finir de la convaincre de s’exprimer. Devant cette inconnue, Tererai formule ce qu’elle n’avait jamais osé dire avant. La dame lui répond sagement : si tu veux réaliser tes rêves, changer ta vie, oui « Tinogona ». Ce qui dans le dialecte parlé par Tererai signifie « Tu peux le réaliser ».
Tererai parle de cette rencontre à sa mère. Celle-ci lui conseille d’écrire ses rêves sur du papier et de les « enterrer » comme on enterre le cordon ombilical dans sa culture.
Elle rajoute « tes rêves auront un plus grand impact s’ils sont rattachés au bien de la communauté ». Elle écrit ses rêves sur un bout de papier, le met dans une canette et l’enterre sous une pierre.
Son cinquième rêve s’énonce ainsi « Quand je réussirais, je veux améliorer la vie des filles de ma communauté pour qu’elles n’aient pas à passer par les mêmes difficultés que moi ».
Tererai commence alors à suivre des cours par correspondance avec des envois postaux réguliers vers l’Angleterre. Au bout de huit ans d’essais, elle réussit à obtenir l’équivalent du Baccalauréat par correspondance.
Tererai a l’opportunité d’aller étudier aux Etats Unis à l’Université d’Oklahoma State. Son mari n’ayant pas l’autorisation de travailler, les années aux Etats Unis sont difficiles avec quatre enfants à nourrir. Pour réussir à joindre les deux bouts, Tererai gère trois emplois en parallèle de ses études. Elle obtient brillamment son bachelor en Agriculture en trois ans (au lieu du cursus normal sur quatre ans)
Au niveau personnel, Tererai est victime de violences conjugales et a désormais cinq enfants.
Après avoir obtenu son Master, elle décide de faire une pause dans ces études pour travailler et ainsi améliorer ses conditions de vie.
Elle postule et est recrutée pour un emploi en Arkansas. Dans le hall de son lieu de travail, elle rencontre un jour une dame qui lui dit « je pense que je vous connais ». Tererai en doute. Puis se rappelle la rencontre qui a changé sa vie 14 ans auparavant.
« Tinogona », Jo Luck la femme qui lui a dit que ces rêves se réaliseraient est la président de l’entreprise qui vient juste de la recruter.
Après ces retrouvailles et pour la première fois depuis son départ aux Etats Unis, Tererai repart au Zimbabwe. Elle retrouve la pierre, déterre et reprend le bout de papier. Sur celui-ci elle avait écrit les rêves suivants :
Il lui en reste deux.
Tererai repart aux USA et s’inscrit en Doctorat à l’Université de Michigan. 20 ans après avoir enterré la canette à rêves, elle obtient son diplôme, le 4ème souhait.
Tererai s’est promis de rompre le cycle de pauvreté, vécus par ses ancêtres. Elle a réussi par sa détermination à redéfinir l’héritage de sa lignée.

En écho à son cinquième vœu, Tererai décide de faire entendre son message pour l’égalité et l’émancipation des filles et des femmes dans le monde. Elle réhabilite l’école primaire et secondaire « Matau Primary School and Secondary school » avec les dons octroyés par la fondation de Oprah Winfrey. 
En 2019, pour célébrer ses réalisations et sa fondation, la ville de New York (Etats Unis) érige une statue en son honneur.

📝 LA PÉPITE DU MENTOR 📝 ✨
Tererai s’est tellement visualisée être dans un avion que lorsqu’elle y monta à bord pour la première fois, elle avait un sentiment de déjà-vu. Elle raconte comment des heures durant, elle a usé de son imagination pour créer des images mentales non loin de la pierre qui accueillait ses rêves. La force de sa vision pour sa vie lui a permis de tenir bon tout du long, et de construire son histoire. Une histoire de patience…de persévérance.
Et vous, quels sont vos rêves ?
Avec inspiration